10- LES VIGNES BENETTES
L'ANCIENNE ECOLE NORMANDIE-NIEMEN

En quoi nous nous distinguons des liste de droites, listes qui sont issues de la municipalité actuelle ? Certes, nos propositions sont différentes, elles prennent en compte le réchauffement climatique, nous voulons venir en aide aux enfants ou aux femmes maltraitées, à ceux qui sont dans la précarité…
Mais nous nous distinguons des listes de droite aussi par la manière dont nous mettrons en route nos projets. Nous proposons des actions mais cela se fera avec les habitants. Jusqu’à présent la municipalité s’est contentée d’informer, d’ailleurs de manière imparfaite, de ses projets et a toujours confondu information et consultation. Consulter va beaucoup plus loin qu’informer.

Voici un exemple : La municipalité sortante a eu comme projet de construire une tour supplémentaire dans le quartier le plus dense du Pecq. Il s'agissait d'un bâtiment de 5 étages avec des logements et une crèche.
Elle voulait confier les travaux à un promoteur qui projetait, entre autres choses, de détruire les anciens bâtiments de l’école Normandie Niémen.
Il y a eu une information faite dans le quartier mais si discrète que très peu de gens y ont assisté.
Ce n'est que lorsque les travaux allaient démarrer que les habitants ont été réellement informés. Ils se sont alors mobilisés de manière importante, refusant de densifier la population du quartier qui compte le plus d'habitants au m2 du Pecq. C’est cette mobilisation très forte qui a obligé la mairie en place à reculer.
Que pourrions-nous faire ? Par Philippe
Tout d’abord nous interrogeons sur la pertinence de raser des bâtiments qui peuvent être rénovés. La destruction d’une construction a des coûts financiers et écologiques importants ( et les travaux apportent des nuisances importantes telles que le bruit, ou la poussière…).
Pourquoi détruire des bâtiments lorsque l’on peut les réhabiliter ? De plus en plus d’architectes sont de cet avis (qui n’est pas forcément celui des promoteurs…).
Nous sommes d'accord avec les architectes qui pensent que l'on peut "TOUT GARDER, TOUT CHANGER"
Le projet devra être mis en route avec les habitants. Ils définiront leurs besoins. Cela prendra du temps car il n’est pas toujours facile de faire sortir les gens (dont nous faisons partie) de chez eux. Notre objectif est, à cette occasion, de créer du lien social. Ce n’est pas en organisant une galette des rois par an que l’on anime un quartier. C’est en impliquant les gens dans un projet qu’on y arrive. Créer du lien social est très important : il permet de connaître ses voisins, de développer l’entraide, la solidarité.
Bien sûr nous avons des idées :
On pourrait créer un maison commune où les habitants pourraient venir se mettre "au frais" lorsqu’il fait très chaud dans les immeubles, un espace qui permettrait de respirer au milieu de la végétation, un espace dans lequel on pourrait jouer aux cartes, à des jeux de société, discuter et refaire le monde, un espace qui pourrait être géré par une association, un espace où l'on se sentirait tout simplement bien, un lieu hors du monde marchand. Philippe que nous avons croisé alors qu'il promenait son chien nous a proposé de créer un lieu pour que les alpicois puissent venir bricoler lorsqu'ils n'ont pas la place de le faire chez eux. On pourrait réserver le lieu pour un bricolage particulier, aider les autres à bricoler etc...Camille, elle, aimerait un lieu pour que les étudiants et le écoliers puissent travailler tranquillement, y compris le soir lorsque les bibliothèques sont fermées. Sylvie voudrait pouvoir faire du crochet en compagnie d'autres personnes et partager les savoir, Osée voudrait tout simplement avoir un endroit pour "se poser" avec ses ami.e.s.
On pourrait aussi bien sûr créer une crèche. Là encore, le besoin devra être exprimé par la population : nous consulterons les assistantes maternelles pour voir quels sont leurs aspirations, nous interrogerons les employés de la crèche actuelle, les jeunes parents.
Le type de crèche sera aussi à définir :
- Une crèche municipale gérée par la commune ?
- Une crèche parentale avec une cogestion des familles et des professionnels de la petite enfance?
- Une crèche familiale reposant sur un réseau d'assistantes maternelles avec des enfants accueillis à domicile mais participant régulièrement à des activités collectives dans les locaux de la crèche familiale?
Nous proposons bien sûr de désimperméabiliser et végétaliser tous les abords des bâtiments et de créer un îlot de fraicheur. Un cheminement vert pourrait voir le jour dans le quartier. L'article de Lisa Garnier ci-après explique fort bien que la végétation est un élément essentiel.
Les décisions seront prises après une large consultation. Oui, cela prendra du temps mais au bout on aura créé une vie de quartier ! L'exemple est ici celui des Vignes Benettes, mais cette manière de procéder peut être utilisée pour le centre du Pecq, ou partout ailleurs.
Lisa nous explique pourquoi s'enforester en ville c'est l'avenir pour s'adapter
A l’heure des réseaux sociaux, notre attention est constamment sollicitée et jamais il n’y a autant eu de problèmes de santé mentale. Or, notre attention dirigée (celle que nous utilisons pour nous concentrer, résoudre des problèmes, etc.) est limitée et elle se fatigue.
Les environnements naturels, eux, et notamment les arbres sollicitent une attention involontaire, douce et non contraignante, permettant à l’attention dirigée de se reposer et se restaurer. Des chercheurs ont montré que les arbres visualisés par la fenêtre dans les hôpitaux diminuent le stress et la douleur. Des patients qui ont vu sur des arbres guérissent plus vite que des patients dont la chambre est face à un mur. Les bénéfices ont été retrouvés pour des étudiants, dans les entreprises et même en prison ! La récupération du stress est 60% meilleure si la rue est bordée de 60 % de végétation, comparée à celle où elle ne comporte que 2% de végétation.
Chaque arbre compte. Une ville sans arbre serait plus propice à la dépression en raison de son incapacité à nous éloigner de nos pensées ruminantes. Prendre le temps de s’émerveiller face aux arbres, arbustes, plantes et fleurs en observant les feuilles qui virevoltent, les éclats de lumière, en écoutant les chants des oiseaux qui vivent dans les arbres, a des effets encore plus bénéfiques. L’émerveillement diminue les tensions, enclenche l’envie de partage, et même de générosité. Ce partage que les réseaux sociaux nous font croire plus fort par la virtualité, alors qu’il est bien plus fort dans la vie réelle.
Pour la neuroscientifique, Lisa Feldman Barrett, cultiver l’émerveillement permet de prendre de la distance à son soi. Dans ces situations, il y a tant d’informations qui arrivent au cerveau, que le corps se calme. De plus, il a été démontré que l’effet « Whaou » réduit le stress en diminuant les inflammations. Toutes les activités qui nous font interagir avec les éléments naturels par le jardinage, l’observation des insectes, des fleurs ou même de s’occuper d’animaux domestiques procurent également des bénéfices pour la santé. Les villes de demain ne peuvent plus ignorer ces connaissances, les humains doivent retourner au milieu des arbres.
Référence : Ecologie et psychologie positive, enquête sur nos relations émotionnelles à la nature, Actes Sud, 2019 How Emotions Are Made, Pan Books, 2018
